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Internet: amour, sexe et danger

Internet: amour, sexe et danger

Auteur

Hacker vaillant rien d’impossible !

 

Article écrit par “serpent à sornettes”

 

Nombreux sont les articles qui se penchent sur notre nouveau rapport à l’autre via les technologies invasives,  les « je regrette mon cerveau d’avant internet », vantant le mérite des lettres parfumées, auxquelles on a substitué des messages instantanés sans âme ni originalité. Tâchons d’éclaircir un peu la situation et pourquoi pas, de réhabiliter le web <3.0

Faire de nouvelles rencontres

Pour commencer, sans internet, je n’aurai jamais rencontré Léa, reine solaire de ce blog alors que nous nous croisions tous les jours!  Bon, à l’époque, les ados (et les pédophiles infiltrés) s’envoyaient encore des patates d’émoticônes par le défunt « MSN Messenger », qui avait lui-même supplanté « Caramail ». Mais si, souvenez-vous,  un chat avec des inconnus random aux pseudos ridiculement mignons ou revendicatifs de la suprématie d’un département quelconque. Oui, je cramais mes 30min MENSUELLES  d’internet pour échanger des banalités avec lily-rose89, et même les hurlements stridents du modem enragé ne pouvaient me distraire de cette joie intense : rencontrer des nouvelles personnes –à fortiori des jeunes filles en fleur- n’est pas évident quand on est un collégien bloqué chez ses parents.

Evidemment, aujourd’hui j’ai bien conscience que lily-rose89 avait surement 40 ans et une moustache (oui, les violeurs ont des moustaches, c’est bien connu, alors messieurs les hipsters hardcore, choisissez votre camp !) mais heureusement, les connexions étaient bien trop nazes pour ne serait-ce qu’espérer  brancher une webcam. Avec l’arrivée de MSN, c’était déjà mieux, on s’échangeait les adresses comme des numéros de téléphones, et avions donc l’assurance de parler à la bonne personne, sauf bien sûr, bluff et autres pièges de mecs/meufs jaloux(ses) qui testaient votre fidélité.

Et puis il y avait la webcam, histoire d’être sûr et accessoirement (principalement) d’essayer de déshabiller les filles. On parle beaucoup du caractère chronophage des réseaux sociaux, mais il faut relativiser : rappelez-vous combien de nuits vous avez passé sur MSN à vous engueuler avec votre « première amoureuse », à draguer cette fille magnifique à qui vous n’osiez même pas bafouiller un bonjour au lycée et derrière qui vous laissiez une traînée de bave digne de Jabba the Hutt mais à qui vous étiez capable de vanter les mérites des partouzes zoophiles ou pire encore,  du dernier cd de nickelback pour les plus dégueus, bien à l’abri derrière votre écran.

En réalité, Facebook n’est chronophage QUE parce qu’il propose une messagerie instantanée en plus de son catalogue de plans culs potentiels. Sans lui, votre dévouée rédactrice en chef ne serait jamais venue me titiller par un inbox malicieux à l’époque où nous découvrions cet outil maléfique. Ok, on vend vos données personnelles et vous piétinez vous-même toutes vos libertés individuelles, mais réfléchissez deux secondes. Dans la vraie vie, jusqu’où avez-vous été dans le sacrifice de toute dignité pour réussir à coucher avec une personne ? Beaucoup plus loin. Réfléchissez, combien de fois avez-vous pécho de la petite fraîcheur de première qualité grâce à Facebook ? Tout se paye.

Menace et jalousie

Bien sûr, tous les couples fragiles sont menacés par un tel entremetteur à grande échelle. Et tous les paranos veulent les identifiants de leur moitié pour vérifier leur « fidélité ». Ceci dit, les interfaces et les méthodes changent mais les mentalités demeurent.  Fouiller dans l’intimité de l’autre  pour s’assurer l’exclusivité ne date pas d’hier. Sauf qu’à présent, au lieu de payer 2500e uros un détective privé, se débrouiller pour trouver un mot de passe suffit.

Se faire écrire une lettre par un écrivain public

Pourtant, l’apparition des sites de rencontre suggère  un réel bouleversement dans les comportements relationnels.

Online dating

Pour être tout à fait honnête, je n’ai jamais serré grâce au minitel. En fait je ne m’en suis même jamais servi. Quant aux petites annonces à la fin des journaux, il est de notoriété publique qu’elles émanent de réseaux de prostitution.

E-darling et ses émules pourraient donc  constituer une révolution dans la manière de trouver  quelqu’un pour s’envoyer en l’air. Il paraît que rien ne bat un astronaute. Ça tombe bien, des sites comme Attractive World vous propose de trouver un plan cul en fonction de votre catégorie socioprofessionnelle, sous-entendu, cadre sup’ urbain car je ne sais pas si la Nasa a son propre intranet rose.

Quant à Adopte un Mec, qui vise plutôt les jeunes, son succès est franchement frappant. La recette est toujours la même, héritée des grotesques et éculés « speed dating » : gratuit pour les filles, payant pour nous autres, mais inclinons-nous devant le marketing de ce site qui mercantilise l’humain avec dérision : un type dans un caddie de supermarché, c’est assez fort comme logo.  Et soulignons qu’ici, point d’égalité des genres. Le matriarcat est à l’ordre du jour, les esclaves mâles huilés sont passés en revue, alignés devant la gladiateur en chef qui sélectionnera le prétendant adéquat. Et ça marche. Je connais des gens qui baisent un partenaire différent toutes les semaines grâce à ce site.

Et là, c’est le moment où vous me rétorquez que vous aussi vous connaissez quelqu’un qui change de partenaire tout le temps. Et oui. Même avant Internet il existait déjà des tombeurs, des croqueuses, qui sévissaient en boite ou écumaient les bars. Bon admettons que les sites de rencontre aient beaucoup aidé les timides. Je reste persuadé que les caractères initiaux des individus se retrouvent dans leur utilisation des réseaux sociaux-sexuels. Ce n’est qu’un prolongement, ça ne reste qu’un outil.

Sexe et internet

De toute façon, la seule vraie utilité d’internet en matière de cul, c’est la jouissance immédiate. The internet is for porn!  Et en matière de pornographie, l’indémodable « camwhoring » (l’action de se déshabiller voire de se masturber devant sa webcam) fait toujours fureur. Bien sûr, faire un strip à son copain à l’étranger ou taper une petite session de cybersex peut sembler anodin.  C’est plus tard que le bât blesse, quand ledit copain que vous avez eu la mauvaise idée de larguer/tromper/mal choisir décide de balancer les contenus à des sites spécialisés comme « ex-gf revenge » voire carrément sur votre Facebook ou celui de vos potes.

Pour les exhibitionnistes (dieu les bénisse), le camwhoring  consiste à livrer sa carcasse en pâture à des internautes inconnus. Ça peut aller des milliards de pénis sur Chatroulette aux filles en manque de confiance en elles qui décident d’assouvir les fantasmes des puceaux de  4chan[1] se mettant des feutres dans le fondement (« sharpie in pooper »).

Tout ceci était génial, absolument magnifique, jusqu’aux débordements qui ont évidemment eu lieu. Des filles n’ayant pas (assez) protégé leur anonymat se sont fait harceler jusqu’à se donner la mort, parce qu’elles avaient eu la mauvaise idée de vouloir contribuer à la beauté du monde et au bonheur de l’humanité.  Quelle injustice. Ou quelle stupidité. Mais mesdames, que ceci ne vous freine pas dans vos élans naturistes.

Offrez-vous aux personnes de confiance, et protégez vos données. Internet est à l’image du vrai monde, rempli de prédateurs hargneux et frustrés.


[1] Forum imageboard généralement qualifié de « poubelle du web »

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