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Comment j’ai arrêté de faire semblant d’aller bien

Comment j’ai arrêté de faire semblant d’aller bien

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Alors que tout allait mal dans ma vie, ou presque, je m’évertuais à faire semblant d’aller bien. Je ne sais pas où je trouvais en moi la force, où je puisais cette énergie pour garder un sourire sur mon visage chaque jour. Je crois que je préférais ne pas y penser parce que si je m’arrêtais quelques minutes d’agir pour réfléchir à toutes mes causes de mal-être actuelles, alors je me serais effondrée. Et je ne le pouvais pas me le permettre. Des causes de tristesse, de ras-le-bol, de colère, de désespoir, j’en ai eues et j’en ai ; comme tout le monde. Et un peu plus que la moyenne ces derniers temps.

Mais je faisais semblant d’aller bien.

J’ai mis ma vie sur pilote automatique, j’avais conscience de faire semblant mais j’essayais coûte que coûte de garder le contrôle. De mes émotions, de mes sentiments, de ma vie. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas le choix. Si je lâchais prise, tout allait s’écrouler. Et rien ni personne ne pouvait m’aider à me relever, à reconstruire ce que j’aurais détruit. Alors chaque matin je me levais la rage au ventre, le sourire aux lèvres, le masque sur le visage et je plongeais dans le grand bain. « J’y vais, je ne réfléchis pas, il le faut. Je fais semblant d’aller bien, parce que montrer que je vais mal me fera toucher le fond. Et je me dis que si je tiens encore, un jour, une  semaine, un mois ainsi, alors ça ira mieux. Ça changera. Quelque chose de positif se produira pour me sortir de cette hypocrisie que j’impose à ma conscience, que je m’impose. Donc en attendant ce signe, ce changement, je m’accroche à la vie et je fais semblant d’aller bien« . Et enfin, le déclic est apparu et j’ai arrêté de faire semblant d’aller bien pour être juste bien avec moi-même.

Faire semblant d’aller bien, c’est se mentir à soi-même

J’ai été forte trop longtemps. Je le sais. Pourtant je me suis effondrée parfois mais j’ai réussi à me relever. Et j’en suis fière. Et reconnaissante. Seulement aujourd’hui la vie a décidé de me rappeler que mes forces peuvent m’abandonner et que si mentir aux autres est possible, se mentir à soi-même ne peut pas durer éternellement.

Faire semblant d’aller bien, c’est une forme de trahison envers nous-même.

Il y a un temps pour tout comme on le dit si bien, un temps pour agir et un temps pour réfléchir. Et là je sens que l’heure est venue à nouveau de me poser les bonnes, les vraies questions.

Au fond de moi, je sais très bien que je ne peux pas continuer à faire semblant d’aller bien, à me mentir ainsi.

Mais je sais aussi que je ne veux pas que le fait de regarder la réalité de ma vie en face m’en fasse perdre le contrôle, me fasse sombrer. Je dois trouver le bon, le juste équilibre entre réfléchir et agir, entre mes pensées, mes émotions et mes actes.

Il y a des périodes dans la vie où on se refuse à réfléchir parce qu’on n’a plus la maîtrise des choses, du temps qui nous file entre les doigts, des événements qui s’enchaînent. On fait ce qu’il y a à faire et on enfouit dans un coin de son cerveau les grandes décisions qu’il y aura irrémédiablement à prendre à un moment donné.

Faire semblant d’aller bien, en plus d’être un mensonge qu’on s’impose à soi-même, est également un énorme gaspilleur d’énergie et le signe qu’on a perdu le contrôle.

Il faut savoir admettre parfois qu’on s’est égaré, qu’on a besoin de se recentrer, de savoir où on en est dans nos vies et ce n’est pas en faisant semblant d’aller bien que l’on réglera nos problèmes.

La difficulté ? Stopper ce mécanisme, affronter ses peurs, prendre des décisions pour aller mieux et surtout ne plus faire semblant devant les autres. Cette étape-là est souvent compliquée.

Faire semblant d’aller bien devant les autres : je me suis créée un moi socialement correct

La famille, les amis, les collègues, votre entourage, tous ont une image erronée de vous. Vous êtes à leurs yeux la personne souriante, avenante, drôle, de bonne humeur, à l’écoute, serviable et disponible. Que d’éloges, que de qualités !

Vous vous êtes créé malgré vous un personnage socialement presque parfait pour vous faire accepter, pour vous accepter aux yeux des autres.

Taire vos  soucis, votre mal-être vous a semblé la meilleure chose à faire, la meilleure attitude à adopter en « société ». Vous vous êtes fabriqué de toutes pièces un moi socialement correct, un moi qui fait semblant d’aller bien et de maîtriser sa vie devant les autres pour vous en donner à vous-même l’illusion et garder une partie de votre vie sous contrôle.

Seulement à un moment de notre vie, le fait de faire semblant n’est plus possible et être accepté socialement commence à ne plus suffire, à perdre tout son sens.

Sourire quand nous n’en avons pas envie, essayer d’être aimé par tout le monde et d’être parfait, est usant et nous perd. Nous nous sommes persuadés que nous étions obligés d’être des personnes joyeuses, heureuses et tolérantes de toute chose et à tout moment. Feindre que tout va bien est quelque chose de douloureux, et il est temps de s’en rendre compte. Il y a des circonstances difficiles qui nécessitent des émotions négatives comme la tristesse ou la colère et il ne faut pas toujours refouler ses émotions derrière un masque socialement correct.

Il n’y a rien de plus douloureux que d’essayer de faire semblant d’aller bien quand quelque chose nous fait mal à l’intérieur.

Cela finit par se retourner contre nous, car nous entrons dans une spirale qui nous absorbe et nous dépasse. Il faut s’autoriser le droit de lâcher prise, accepter de ne pas pouvoir tout contrôler  et parfois, oui, craquer.

Même s’il est possible de tromper les autres, vous ne pouvez pas tromper votre conscience.

Faire semblant d’aller bien : quand notre conscience dit stop !

A force de faire semblant, nos émotions négatives se  développent et se mettent à nous  empoisonner, parce que non seulement nous « trompons » les autres, mais nous prétendons également être bien en nous regardant devant le miroir, ce qui est faux.

Pour cette raison, il est nécessaire que nous nous débarrassions de l’obligation d’être toujours parfaits et que nous commencions à nous montrer tels que nous sommes.

Faire semblant d’être ce que nous ne sommes pas, finit par nous causer un mal-être. Nous développons des émotions négatives comme l’irritabilité, l’anxiété et le désespoir, puis de vrais symptômes dangereux pour notre santé comme l’irritabilité, l’anxiété, la fatigue ou encore l’insomnie qui peuvent finir par devenir une vraie maladie, la dépression.

Notre conscience, est là pour nous rappeler à l’ordre, nous ordonnant de conserver notre authenticité, de rester qui nous sommes. De même, il est important que nous nous permettions de faire des erreurs et de ne pas en avoir honte ni d’éprouver de culpabilité.

Si nous affrontons tout cela, nous allons réussir à mieux prendre soin de nous et nous pourrons réinventer notre vie. Pour pouvoir atteindre une certaine sérénité, nous devons accepter notre part d’ombres, et ne pas essayer en permanence de feindre une lumière qui ne brille plus en nous. Il faut juste se donner le temps de la rallumer et d’aller mieux et cela passe par l’honnêteté que l’on se doit à soi-même.

Faire semblant d’aller bien est un mécanisme d’auto destruction long et insidieux qui peut vous mener au pire.

La leçon la plus importante de notre vie est d’arriver à nous connaître, à nous accepter et à nous aimer, même si cela signifie que nous devons nous défaire de certaines croyances limitantes, nous éloigner de certaines situations ou de certaines personnes et prendre des décisions. Certes, cela ne se fera pas en un jour mais se débarrasser de cette obligation d’aller toujours bien alors que c’est faux, s’autoriser à accueillir ses émotions et les analyser, et  reprendre la bonne direction de sa vie est la chose à faire.

Enfin, je ne fais plus semblant d’aller bien. Je vais bien, vraiment.

Alors cela peut être difficile, douloureux, car on s’est appliqué à se mettre des masques depuis longtemps, parfois des années. Masque de bon conjoint, bon parent, bon ami, bon collègue… Ces masques du paraître, du faire semblant pèsent lourds et tombent parfois après un déclic mais souvent d’eux mêmes sans que tu décides vraiment, après avoir tenu trop longtemps.

Alors il n’est pas étonnant que l’entourage ne comprenne pas puisque tu as toujours fait comme si, toujours fait semblant d’aller bien. Toi-même tu t’es perdu en route, alors laisse leur le temps de redécouvrir qui tu es vraiment.

Car un jour, que ce soit volontaire ou non, on ne fait plus semblant.

Parfois c’est hélas parce qu’on n’en peut plus, c’est vrai, qu’on est à bout de forces et qu’on a craqué. Mais c’est au final un mal pour un bien. Il faut se laisser le temps de la reconstruction et de la redécouverte de notre vraie personnalité.

Une épreuve, un événement est souvent à l’origine de ce changement, et sert de déclic pour transformer l’épreuve en opportunité de croissance. Souvent, c’est le cas des gens qui apprennent qu’ils sont malades, ou qui ont failli perdre la vie. Cela peut être aussi après la perte d’un être cher, une fois le deuil achevé.

Volontaire ou forcée, après une épreuve ou un déclic, cette prise de conscience est le premier pas vers notre « guérison émotionnelle », vers notre mieux-être, vers une réconciliation avec notre conscience.

Comme si on réalisait la valeur de la vie, l’urgence de vivre vraiment et de ne plus faire semblant d’aller bien et d’être quelqu’un que nous ne sommes pas.

Vous n’avez pas à être fort tout le temps, vous n’avez pas à faire semblant d’aller bien à chaque instant. Acceptez vos faiblesses comme vos forces est le meilleur moyen d’équilibrer vos émotions et de rester acteur de votre vie.

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